R2 : Gagny renverse Chelles dans un match sous haute tension (28-26)

February 12, 2026
Matchs

Une rivalité née en quelques mois

Avant cette saison, Gagny et Chelles ne s'étaient presque jamais affrontés chez les seniors masculins. Pas de rivalité historique, pas de contentieux ancien, pas de cicatrices à rouvrir. Juste deux clubs voisins séparés par quelques kilomètres et une frontière de département, le 93 d'un côté, le 77 de l'autre, qui ne se croisaient tout simplement jamais.

Et puis il y a eu le match aller.

Ce jour-là, Gagny débarque à Chelles diminué. Seulement 10 joueurs dans le groupe, sans Tristan Hery ni Bangourah Abraham, deux éléments clés de l'effectif. Les tribunes chelloises poussent leur équipe, l'ambiance monte crescendo, et pendant 50 minutes, les Gabiniens tiennent le choc. Mais dans les dix dernières minutes, tout bascule. Chelles accélère, creuse l'écart, et Gagny s'incline avec un goût amer dans la bouche. Celui des matchs perdus qu'on aurait pu gagner, celui de la frustration qui reste coincée dans les vestiaires longtemps après le coup de sifflet final.

Ce dimanche 8 février, les tribunes du gymnase de Gagny étaient pleines à craquer. L'occasion de se racheter, de montrer un autre visage, de prouver que la défaite de l'aller n'était qu'un accident de parcours. Et du côté des visiteurs, quelques visages familiers : Belkadi Mohamed et Tocha Assoumani, tous deux passés par les rangs de Montfermeil avant de traverser la frontière départementale pour rejoindre Chelles. De quoi ajouter un peu de piment supplémentaire à une rencontre qui n'en manquait déjà pas.

Mais dans les têtes gabiniennes, pas question de se disperser. "Oui effectivement Chelles a bien des joueurs qui viennent du 93, particulièrement de Montfermeil, mais dans nos têtes c'était CHELLES et rien d'autre", tranche Giovanni Di Stefano.

Le décor était planté. Restait à écrire l'histoire.

Première mi-temps : le chaos s'installe

Dès le coup d'envoi, l'intensité est à son paroxysme. Chaque duel se dispute comme si c'était le dernier, chaque but fait rugir le public, chaque arrêt déclenche des clameurs. On sent immédiatement que ce match ne ressemblera à aucun autre de la saison. Les deux équipes se rendent coup pour coup, personne ne veut céder un centimètre de terrain, et les arbitres sortent les cartons à répétition. Sept exclusions temporaires en 30 minutes de jeu, du jamais vu cette saison.

Et puis, à la 18ème minute, le match bascule dans une autre dimension.

Sur une attaque chelloise, Belkadi Mohamed est lancé à l'aile gauche. Giovanni Di Stefano, fidèle à son style, tente une parade étoile pour couper la trajectoire. Mais le timing est mauvais, le contact inévitable. Les arbitres hésitent quelques instants mais la sanction est inévitable : Carton Rouge.

Di Stefano quitte le terrain, abasourdi, et rejoint les tribunes. Lui qui réalise une saison solide dans les cages gabiniennes, lui qui reste un pilier de cette équipe, ne peut plus qu'encourager ses coéquipiers depuis les gradins pour le reste de la rencontre. Dans les cages, c'est Theo Doliget qui prend le relais pour assurer la relève. Malgré ce coup dur, Gagny ne s'effondre pas. Au contraire, les Gabiniens serrent les rangs, redoublent d'efforts, et parviennent à maintenir leur avance. À la pause, le score affiche 16-14 en faveur des locaux. Deux buts d'avance, c'est mince, c'est fragile, mais c'est là. Tout reste à faire, mais Gagny a montré du caractère dans l'adversité.

Deuxième mi-temps : le feu laisse place à la glace

Si la première période était un brasier, la seconde fut une leçon de froid.

Au retour des vestiaires, plus d'échanges de coups. Place à la maîtrise, à la gestion, à l'intelligence collective. Gagny ralentit volontairement le tempo, pose le ballon, fait tourner la défense adverse, use la patience de Chelles qui voudrait accélérer pour revenir au score. Une seule exclusion temporaire en deuxième période. Le contraste avec la première mi-temps est saisissant. Les Gabiniens ont compris que pour gagner ce match, il fallait changer de registre, calmer les ardeurs, ne plus tomber dans le piège de l'engagement excessif.

Et entre la 35ème et la 40ème minute, c'est Tristan Hery qui prend les choses en main. L'ailier gauche, absent au match aller, montre pourquoi il est si précieux pour cette équipe. Deux roucoulettes parfaitement exécutées depuis son poste, le genre de gestes techniques qui font lever les foules et qui tuent les espoirs adverses. Le ballon qui tourne, le gardien qui part du mauvais côté, le filet qui tremble. Ces deux buts s'inscrivent dans une série décisive qui permet à Gagny de prendre le large et d'atteindre 24-19.

Mais Chelles refuse de mourir. Mené par un Tocha Assoumani dangereux depuis le début de la rencontre, Chelles sonne la révolte. Les visiteurs grappillent des buts, reviennent petit à petit, font douter le gymnase qui commençait à célébrer. L'écart fond comme neige au soleil, la tension remonte d'un cran, et les dernières minutes deviennent irrespirables.

Chelles pousse, Gagny résiste. Theo Doliget qui assume son entrée théatrale sort les arrêts qu'il faut au moment où il le faut. Le collectif gabinien fait bloc, refuse de céder, s'accroche à cette victoire comme à une bouée de sauvetage.

Score final : 28-26. Troisième victoire consécutive pour Gagny.

L'explosion de joie

Au coup de sifflet final, le gymnase explose. Les joueurs se jettent les uns sur les autres, le public exulte, les tribunes vibrent comme rarement cette saison. Après la frustration du match aller, après le chaos de la première mi-temps, après l'expulsion de leur gardien titulaire, les Gabiniens ont arraché cette victoire au mental, au caractère, à la force d'un collectif qui ne lâche rien.

Tristan Hery termine meilleur buteur de la rencontre avec 8 réalisations, dont ces deux roucoulettes décisives qui resteront dans les mémoires. Son chambrage en deuxième mi-temps a peut-être contribué à réveiller Chelles, mais qu'importe. La victoire est là, et c'est tout ce qui compte.

Un classement irrespirable

Avec ces deux points supplémentaires, Gagny grimpe à la 6ème place du classement avec 27 unités au compteur. Chelles reste 8ème avec 26 points. Mais dans ce championnat de R2, les classements ne veulent rien dire sans contexte.

Entre la 5ème et la 12ème place, seulement 3 points d'écart. Savigny, Vanves, Chelles, Saint-Mandé, Puteaux, Montgeron, la Mantaise : tout le monde se tient dans un mouchoir de poche. Chaque match compte double, chaque point peut faire basculer une saison entière, chaque victoire est une bouffée d'oxygène dans cette lutte acharnée pour le maintien et les places d'honneur.

Et maintenant ?

Pas le temps de savourer trop longtemps cette victoire. Le championnat continue et le calendrier sourit aux Gabiniens pour la prochaine journée : déplacement chez l'AS Mantaise, actuelle lanterne rouge du classement.

L'occasion parfaite de mettre définitivement la machine en route et d'enchaîner une quatrième victoire consécutive. Dans un championnat aussi serré, ce genre de série peut tout changer, peut transformer une saison galère en exercice réussi, peut faire passer un club de la zone dangereuse au ventre mou confortable.

Gagny a montré ce dimanche qu'il avait le caractère des grandes équipes, celles qui savent gagner dans l'adversité, celles qui ne s'effondrent pas quand tout semble partir de travers. Reste maintenant à confirmer cette dynamique positive et à prouver que ces trois victoires consécutives ne sont pas un feu de paille mais bien le début d'une vraie montée en puissance.

Le rendez-vous est pris. À Gagny de ne pas laisser passer le train.

Handball93-CEO

Fondateur de Handball93

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