Menés de quatre buts avant la fin de la première mi-temps, les Albertivillariens ont produit un handball de folie pour s'imposer. Retour sur un après-midi où tout a basculé.
Le choc des cultures
La salle Guy Môquet bruisse d'une tension particulière ce dimanche après-midi. Derby oblige, les deux équipes se connaissent, se jaugent, et Arcueil n'est clairement pas venu en victime. Dès l'entame, les visiteurs déroulent un handball léché avec des automatismes bien huilés. Leurs courses sont millimétrées, leur défense maitrisée, et le plan de jeu de Youcef Haniche fait mal. L'écart se creuse jusqu'à quatre buts et dans les tribunes l'inquiétude commence à pointer sérieusement. Aubervilliers subit, cherche des solutions, et peine à trouver la faille dans le bloc arcueillais.
Un capitaine prend les choses en main
Mais au milieu de cette tempête, un homme émerge et commence à faire parler de lui : Aurélien Sardou. Le pivot et capitaine albertivillarien met un impact monstre dans chaque intervention défensive. Ses blocs font trembler les arrières adverses, ses glissements coupent les trajectoires, son placement dissuade les tireurs. Les supporters locaux commencent à scander son nom à chaque arrêt défensif, et l'énergie dans la salle change progressivement. En attaque, sa connexion avec Mohamed Raho saute aux yeux — les deux hommes se trouvent les yeux fermés, et les passes du demi pour son pivot font des dégâts constants. Appels tranchants dans le dos de la défense, glissements latéraux parfaits, prises de position qui mettent les défenseurs sur les talons — le duo commence à prendre le contrôle du match.
En fin de première mi-temps, Yasser Ali Abdallah entre dans les cages et apporte immédiatement une sérénité nouvelle. Ses premiers arrêts stoppent l'hémorragie et permettent aux siens de revenir au score avant la pause. Le momentum a changé de camp, et Aubervilliers peut souffler un peu en rejoignant les vestiaires.
La double strict, pari perdant
La deuxième mi-temps s'ouvre sur un constat côté Arcueil : il faut changer quelque chose. Youcef Haniche sort alors sa carte maîtresse — une double strict sur les deux arrières qui alimentent habituellement le jeu offensif albertivillarien. Le plan est intelligent : couper la tête pour que le corps suive. Et pendant quelques minutes, ça fonctionne. Les deux hommes sont muselés, contraints à des tirs compliqués ou des passes forcées, frustrés par ce marquage qui les colle à chaque prise de balle.
Sauf que ce dispositif a une faille béante, et deux hommes vont s'y engouffrer avec une intelligence de jeu remarquable. Mohamed Raho se mue en distributeur et ses passes pour Aurélien deviennent des caviars. Timing parfait, trajectoires millimétrées, lecture du jeu impeccable. Le pivot, de son côté, réceptionne absolument tout ce qui arrive. Quand les défenseurs montent en strict, il utilise l'espace libéré pour glisser dans le dos de la défense, appeler la balle et conclure. Et quand l'espace se ferme au pivot, il ressort à neuf mètres pour prendre sa chance en tant qu'arrière. Polyvalence totale, vista remarquable — le duo fait des ravages pendant une bonne vingtaine de minutes et Arcueil n'y comprend plus rien.
L'avalanche
Dans les cages, Yasser Ali Abdallah continue son récital entamé en fin de première période. Chaque tentative arcueillaise de reprendre le large se heurte à ce mur. Arrêts réflexes, anticipation sur les tirs — il casse les vagues adverses les unes après les autres et chaque parade devient le point de départ d'une contre-attaque. La dynamique a complètement basculé.
Une fois le momentum acquis, d'autres prennent le relais pour enfoncer le clou. Yassin Granger, ailier discret jusque-là, prends ses responsabilités au meilleur moment et ses finitions en angle fermé font mouche à répétition. Mohamed Lamine Sylla, profitant des espaces laissés par la défense arcueillaise débordée, retrouve ses sensations et ponctue les contres de finitions cliniques pour terminer meilleur marqueur avec sept réalisations. Arcueil pose des temps morts, essaie de revenir, mais la machine albertivillarienne est lancée et plus rien ne l'arrête.
Score final : 30-25. Aubervilliers signe une victoire précieuse et offre un récital à son public.
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