Ils ont survécu à la phase aller. Ils ont validé leur ticket pour les playoffs. Maintenant, les choses sérieuses commencent. Blanc-Mesnil et Aubervilliers, deux clubs du 93 avec une obsession commune : décrocher la R2. Deux parcours, deux contextes, une même rage.
Blanc-Mesnil : Bienvenue en enfer
Première saison en R3. Direct dans une poule de la mort. Deux réserves de N2 (Marolles, Roissy), une de N1 (Torcy), et deux formations installées en R3 (Claye-Souilly, Suresnes) qui connaissent la maison. Pas vraiment le calendrier rêvé pour un promu.
T'as deux options : tu coules ou tu surnages. Blanc-Mesnil a choisi la deuxième.
7 victoires, 3 défaites, 24 points, deuxième de la poule. Et surtout, 7 points d'avance sur le troisième. Des matchs arrachés dans la douleur, mais la qualification est là. Solide.
Les trois défaites ? Deux fois contre Torcy, qui termine la phase aller avec un 10 sur 10 parfait et 30 points. Un rouleau compresseur qui vise direct la R2. Impossible de rivaliser sur ces deux rencontres. La troisième ? À Suresnes, dans le money time, avec plusieurs absents. Une claque qui fait mal mais qui n'empêche pas la qualification.
Offensivement, Blanc-Mesnil possède une arme fatale : le duo Clément Gilbert – Thomas Diatta. Gilbert plante 51 buts en 10 matchs, Diatta en colle 50 en 9 matchs. 4ème et 5ème meilleurs buteurs de la poule. Deux gâchettes qui portent l'attaque à bout de bras.
Derrière, Youssef Bedda a posé ses valises dans les buts et a tout de suite imposé son style. 86 arrêts en 10 matchs, deuxième meilleur gardien de la poule. Une recrue qui apporte cette sérénité défensive indispensable quand tu veux jouer les premiers rôles.
Les playoffs : partir dernier et tout renverser
Le 17 janvier, Blanc-Mesnil va découvrir la poule 1 des playoffs. Au programme : Torcy (2), Bois-Colombes (2), Fontenay-aux-Roses, Paris Sport Club (2), Kremlin-Bicêtre (2), Meaux, et le PUC. Que des équipes qualifiées. Que des formations qui ont dominé leur poule. Fini les matchs faciles.
Mais il y a un problème. Un gros problème.
Blanc-Mesnil part dernier de la poule avec 4 points de retard sur Torcy. Pourquoi ? Parce que les résultats de la phase aller contre les équipes qui étaient dans ta poule sont conservés. Et Blanc-Mesnil a perdu deux fois contre Torcy. Personne d'autre dans cette poule n'a perdu deux matchs contre l'équipe qui était dans sa poule initiale.
Résultat : 4 points de retard avant même le coup d'envoi. Un boulet aux pieds. Une montagne à gravir. Pendant qu'Aubervilliers part avec un matelas de points, Blanc-Mesnil démarre en déficit.
Pas de raccourcis, pas de miracle. Il va falloir gagner, encore et encore. Chaque match devient une finale. Chaque point arraché vaut de l'or. La montée en R2 ? Elle passera par un parcours quasi-parfait.
Demi-finaliste de la Coupe de France départementale l'an passé, Blanc-Mesnil sait ce que c'est que d'aller loin. Maintenant, il faut le refaire en championnat.
Aubervilliers : La revanche d'une descente
De l'autre côté du 93, Aubervilliers vit une toute autre histoire. L'année dernière, c'était la descente. La R2 qui file entre les doigts, les départs en cascade, le groupe qui explose. Cette saison, c'était la reconstruction.
Et visiblement, ça a marché.
Phase aller ? 8 victoires, 1 nul, 1 défaite. Premier de la poule. Qualification en détente. Le nul et la défaite ? Des matchs sans enjeu, qualification déjà assurée, plusieurs cadres absents. Bref, Aubervilliers a maîtrisé sa poule de A à Z.
L'attaque aubervilloise a cartonné grâce à Mohamed Keskes, véritable sniper avec 69 buts en 9 matchs. Deuxième meilleur buteur de la poule. À ses côtés, Modibo Magassa plante 39 buts en 8 matchs et se classe huitième. Un duo qui fait trembler les défenses adverses.
Dans les buts, Yasser Ali Abdallah a été impérial : 96 arrêts en 7 matchs, deuxième meilleur gardien de la poule. Une muraille qui a permis à Aubervilliers de verrouiller les matchs et de gérer sereinement la phase aller.
Les recrues qui changent tout
Ce qui a fait la différence cette saison à Aubervilliers, ce sont les arrivées. Après la descente et les départs, le club a frappé fort sur le marché des transferts.
Modibo Magassa et Anas Sakam ? Aulnay-Bourget, fraîchement montés en N3. Mohamed Raho ? Livry-Gargan en Prénationale. Et le coup de maître : Mohamed Lamine Sylla, international guinéen qui débarque tout droit de Guinée.
Du lourd. De l'expérience. De l'impact physique. De la qualité technique. De quoi proposer des playoffs aussi musclés que la phase aller.
La poule 2 : partir devant pour aller loin
Aubervilliers évoluera dans la poule 2 des playoffs, face à Levallois (2), Senart, le PSG (3), Serris Val d'Europe (2), Lagny-Montévrain (2), Boulogne-Billancourt (2), et Arcueil. Des équipes solides, mais Aubervilliers possède un avantage de taille : ils partent premiers de la poule.
Pourquoi ? Parce qu'ils ont maîtrisé leur phase aller de bout en bout. Pendant que d'autres équipes géraient difficilement leur qualification, Aubervilliers a dominé, imposé son jeu, validé le ticket playoffs sans trembler.
Cet avantage psychologique et comptable, c'est du bonus. Mais l'objectif reste clair : la montée. Rien d'autre. Après une descente douloureuse, Aubervilliers veut retrouver la R2 et ne compte pas laisser passer sa chance.
Le 17 janvier, tout se joue
Dans quelques jours, les 12 matchs de playoffs débuteront. Tout le monde joue contre tout le monde en aller-retour.
Blanc-Mesnil devra renverser la montagne malgré son handicap de 4 points. Aubervilliers devra confirmer sa domination face à des adversaires plus relevés.
Deux clubs du 93. Deux ambitions. Une même rage de monter.
Blanc-Mesnil part dernier mais possède une attaque de feu et une détermination à renverser tous les pronostiques. Aubervilliers part premier et veut effacer la cicatrice de la descente. Les ingrédients sont réunis pour des playoffs explosifs.
Le 17 janvier, tout commence. Le handball du 93 retient son souffle.
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