Dimanche 5 avril. Le Chesnay reçoit Villemomble. Premier contre deuxième de N2. Une seule place pour monter en N1. Soixante minutes pour décider d'une saison entière.
Deux mastodontes, un seul ticket
Depuis septembre, ils se regardent dans le blanc des yeux. Le Chesnay devant, Villemomble derrière, les deux séparés par cinq points au classement et une obsession commune : la montée en N1. Tout au long de la saison, chaque victoire de l'un était scrutée par l'autre. Deux machines de guerre qui ont écrasé tout ce qui se mettait en travers de leur route, et qui se retrouvent enfin face à face pour le match qui compte vraiment.
Demain, le classement s'efface. Il n'y a plus de points, plus de stats, plus d'historique. Juste deux équipes dans une salle, et une seule place à prendre.
Le souvenir de l'aller. La frustration intacte.
Il faut revenir sur ce match aller. Parce que Villemomble ne l'a pas oublié. Ce jour-là, les Villemomblois dominent. Ils imposent leur jeu, ils font douter Le Chesnay, ils ont le match en main. Et au final, c'est Le Chesnay qui repart avec la victoire. 32-31. Un but. Un seul petit but qui fait toute la différence et laisse Villemomble avec ce goût amer qu'on n'arrive pas à effacer. Celui d'un match qu'on aurait dû gagner, qu'on avait les moyens de gagner, et qu'on n'a pas gagné.
Ce genre de défaite, elle ne disparaît pas. Elle se loge quelque part dans le groupe, elle alimente les séances d'entraînement, elle revient la nuit avant les grands matchs. Demain, Villemomble entre dans la salle du Chesnay avec cette image en tête. Et avec l'envie de réécrire la fin de l'histoire.
Le Chesnay, le club qui bat ceux qui jouent la Pro Ligue
Pour comprendre ce que représente Le Chesnay cette saison, il faut regarder au-delà de la N2. En mars dernier, en Coupe de France Fédérale, ils ont battu l'Élite Val-d'Oise — une équipe qui évolue deux étages au-dessus et qui joue la montée en Pro Ligue. Une victoire qui a fait du bruit, et qui confirme que le leader de cette poule n'est pas là par hasard.
Invaincu depuis le début de saison. Dix-sept matchs, dix-sept victoires. Le Chesnay n'a jamais connu la défaite cette année. Pas une. C'est contre ce rouleau compresseur que Villemomble doit aller chercher sa victoire demain.
Villemomble, un collectif Implacable
Ce qui rend Villemomble si difficile à arrêter depuis le début de saison, c'est qu'il n'y a pas de solution simple pour les neutraliser. Pas un joueur à éteindre, pas un système à casser. Tout le monde marque, tout le monde contribue, tout le monde porte le collectif. Genèse Bouity, Luc Bouchillaoun, Alan Bismuth, Bastien Macé, Noé Lafougère — le danger vient de partout, à tout moment.
On l'avait vu en novembre contre l'Élite Val-d'Oise en Coupe de France Fédérale. Face à une équipe deux divisions au-dessus, Villemomble avait livré une copie ambitieuse et généreuse, proposant un handball fluide, collectif, avec du jeu à sept et des automatismes bien huilés. Ils avaient fini par tomber 30-34, mais la tête haute, en ayant fait trembler Delouvrier du début à la fin. Ce soir-là, tout le monde avait compris que ce groupe avait quelque chose de spécial.Demain, ce même groupe a rendez-vous avec son destin.
Mallory Luzet : la carte cachée
À l'aller, Villemomble composait sans lui. Mallory Luzet, ailier droit, était absent sur blessure. Depuis son retour, il enchaîne les performances XXL — 7 buts, puis 10 buts sur ses deux derniers matchs. Un joueur en feu, lancé à pleine vitesse, avec la faim de quelqu'un qui a tout manqué et qui veut tout rattraper.
Le Chesnay ne l'avait pas vu à l'aller. Demain, il sera là. Et ça change tout.
L'enjeu : maintenant ou jamais
En N2, un seul club par poule monte en N1. Un seul. Le Chesnay a cinq points d'avance. Une victoire villemombloise ramène les deux équipes à trois points, avec encore plusieurs journées à jouer. Une défaite, et mathématiquement, la course à la montée devient une montagne quasi impossible à escalader.
Toute une saison résumée en soixante minutes. Toute cette régularité, tout ce collectif construit depuis septembre, tous ces matchs gagnés dans la douleur ou dans la maîtrise — ça se joue là, dans la salle du Chesnay, dimanche après-midi. Villemomble joue sa saison. Tout simplement.
Villemomble, c'est le 93. Et le 93 mérite de voir ce club jouer en N1 la saison prochaine.
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